arrow-right cart chevron-down chevron-left chevron-right chevron-up close menu minus play plus search share user email pinterest facebook instagram snapchat tumblr twitter vimeo youtube subscribe dogecoin dwolla forbrugsforeningen litecoin amazon_payments american_express bitcoin cirrus discover fancy interac jcb master paypal stripe visa diners_club dankort maestro trash

Blog

Tester le Maître

Tester le Maître

Par Fabrice Jordan

September 23, 2019


Blog

Tester le Maître

Par Fabrice Jordan

September 23, 2019


Tester le Maître

Extrait de Une Boussole dans le Brouillard, de Gilles Farcet, Editions du Relié

"Certes, Swâmi Prajnânpad disait que l’on avait le droit de « tester le maître ». Fort bien, mais comment « tester » ? Qu’est- on en droit d’attendre d’un guide spirituel ? Y a-t-il des critères ?

Selon moi, la question fondamentale est celle de l’intégrité. L’enseignement peut me parler, le lieu où l’enseignement se fait me plaire, le style m’attirer... mais cet être humain qui assume la fonction de guide spirituel est-il intègre ? Notons bien que cette question n’est pas du tout la même que : « Est-il éveillé ? », « Quel degré de sagesse a-t-il atteint ? »

Si le guide spirituel est intègre, alors il est qualifié et ne fait pas, comme disait Arnaud, d’« exercice illégal de la sagesse ». Un être humain intègre ne fonctionne pas sur une image, il ne se prétend pas plus avancé ou qualifié qu’il ne l’est.

Il transmet ce qu’il connaît – connaître, c’est être – et connaît ce qu’il transmet. Il est lui-même, tel qu’il est, il ne cherche pas à se faire passer pour qui ou quoi que ce soit. L’intégrité, c’est aussi – comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire – le fait de ne pas être corruptible. Un guide spirituel intègre ne se laisse pas griser, corrompre par le pouvoir, l’argent, le sexe, la gloire ou la reconnaissance. Cela ne veut pas dire qu’il n’a pas d’argent, pas de vie sexuelle, pas de pouvoir, et ne jouit pas de l’estime, voire de l’admiration de certains. Mais il ne peut pas être manipulé, conduit à des actes non justes. Un guide spirituel intègre n’a rien à protéger, et surtout pas sa propre image. Sans doute n’est-il pas à l’abri de l’erreur ici ou là ; mais si erreur il y a, il la reconnaît très vite et sans difficulté.

C’est toujours une bonne idée d’observer l’entourage, la communauté, les élèves, la sangha, non avec des critères de perfection idéaliste mais avec un peu de bon sens. Cette communauté me paraît-elle plutôt saine ou plutôt malsaine ? Comment ces puissantes énergies que sont l’argent et la sexualité y sont- elles abordées et gérées en pratique ? Comment le guide spirituel exerce-t-il son pouvoir ? La manière d’exercer le pouvoir est toujours un excellent critère. Attention aux abus, aux situations pas claires.

Encore une fois, il ne s’agit pas d’appliquer des critères idéalistes et rigides qui varieront en fonction de nos préjugés. Un guide spirituel peut par exemple (je parle notamment du contexte occidental et non du contexte traditionnel indien) être ou non végétarien – j’ai vu un jour quelqu’un qui venait d’arriver quitter sur-le-champ Font d’Isière, le deuxième ashram d’Arnaud, après avoir vu ce dernier trinquer au blanc et au saucisson avec des ouvriers ! –, être divorcé et remarié, ou vivre en union libre, il peut être financièrement à l’aise ou dans une situation plutôt modeste, vivre dans une belle maison ou dans un endroit très quelconque...

Certains chercheurs spirituels seront scandalisés si leur ami spirituel potentiel ne mange pas toujours bio, fume ou regarde des films d’action pour se distraire. Mais la question n’est pas qu’il soit ou non conforme à des critères d’ordre, disons religieux, diététiques ou idéologiques. La question est bien celle de l’intégrité telle que nous l’avons évoquée plus haut.

Autre critère essentiel : le service. Le guide spirituel, quel que soient son parcours, sa façon de vivre, ses goûts, son style, vit-il au final une existence consacrée au bien de l’ensemble ? Est-il un honnête serviteur de ce qui le dépasse ?

Ces critères-là m’ont personnellement beaucoup aidé, notamment dans des moments délicats de mon cheminement où j’en venais, parce que les résistances étaient inévitablement là, parce que je me trouvais mis en cause dans des fonctionnements profonds, à être énervé par Arnaud, voire en colère, à ne pas le comprendre, à lui en vouloir... Pour prendre un peu de perspective, je me reposais régulièrement ces questions : quoi que je puisse en ce moment reprocher à Arnaud, puis-je réellement mettre en doute son intégrité ? Est-ce que oui ou non cet homme se consacre jour après jour et sans ménager sa peine au bien de l’ensemble ? Est-ce qu’il sert ou est-ce qu’il se sert ?

Le simple fait de me poser ces questions et d’y répondre honnêtement contribuait à remettre les choses en place.

Cela dit, le seul fait d’appliquer ce discernement suppose du bon sens et une certaine honnêteté. Si quelqu’un est emporté par l’émotion, rien ne l’empêchera d’être de mauvaise foi, aveugle et stupide même s’il est techniquement intelligent.

Les guides spirituels les plus intègres ont été accusés de tous les maux par des personnes identifiées à leurs projections et résistances. Même le Maharshi a fait l’objet d’accusations de corruption. Ne parlons pas d’un homme comme Gurdjieff en lequel d’aucuns virent un monstre et un démon, tandis que d’autres témoignèrent leur vie durant de sa bonté, de sa profondeur, de sa liberté... Reste que sur la base du bon sens et de l’observation honnête, il est tout à fait possible d’évaluer la santé d’un guide et d’une communauté d’élèves."

Via Gilles Farcet, page communauté

Gilles Farcet sera à Ming Shan Centre d'Arts Taoïstes prochainement pour un séminaire qui passera en revue ce type de thème, parmi de nombreux autres.

2 commentaires


  • XWJOwEhVsje

    pgJhQawr le

  • KQGFYsUObv

    kQjfXups le

Laissez un commentaire

Panier