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Spiritualité & Sexualité

Spiritualité & Sexualité

Par Fabrice Jordan

June 26, 2018


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Spiritualité & Sexualité

Par Fabrice Jordan

June 26, 2018


Spiritualité & Sexualité

S'il y a un sujet qui se prête aux projections en spiritualité, c’est bien celui de la sexualité. Réprimée durant des siècles dans notre propre système religieux, les occidentaux ont cru trouver un eldorado permissif dans les spiritualités orientales.

Dans les années 70, lors de la période Hippie, les occidentaux se sont d’abord tournés vers l’hindouisme et son versant sexuel, le tantrisme, le plus souvent en détournant totalement les enseignements de base au profit d’une interprétation hédoniste débridée. Après des siècles de refoulement massif du côté occidental, on peut facilement comprendre cette déferlante compensatrice.

Le problème n’a pas tant été la déferlante libératrice qui aurait pu se contenter d’exister en tant que telle. Mais probablement soucieux de trouver une justification millénaire à ce débridage (une manière bien cachée de traiter avec sa culpabilité), les occidentaux ont voulu donner une finalité à cette nouvelle liberté. Selon eux, l’énergie sexuelle n’était pas expérimentée pour elle-même, mais comme élément fondateur et déclencheur d’une supposée kundalini qui devait servir les fantasmes d’un éveil soudain ou d’expériences de conscience non ordinaires. C’était la grande époque du LSD et la spiritualité a alors été traitée un peu comme une possibilité de « shoot » alternative.

A cette époque, en raison de la révolution culturelle à l’œuvre en Chine, le taoïsme est encore quasiment inconnu en occident. En tous les cas, il ne passionne pas les foules.

Arrivée du taoïsme en occident

C’est Mantak Chia, un enseignant thailandais, qui le premier fait connaître le taoïsme en occident. Bien entendu, les experts sautent au plafond quand on associe Mantak Chia au taoïsme. Mais même s’il représente une forme extrêmement marchande et occidentalisée de concepts taoïstes, il faut lui reconnaître une capacité de communication qu’aucun enseignant « taoïste » n’avait atteinte avant lui en occident.

En fin connaisseur du marketing, devinez sous quel angle il a présenté le taoïsme en tout premier lieu ? Sous l’angle du savoir-faire sexuel. Nous sommes alors au début des années 80 aux USA, et après 10 ans d’expériences sexuées au travers du tantrisme, l’occident friand de nouveautés est mûr pour se prêter à un nouveau jeu issu du taoïsme.

Promesses

Il s’ensuit rapidement un intérêt pour des « techniques » prétendument taoïstes, consistant à permettre (à promettre ?) à l’homme des rapports sexuels prolongés. La « technique » consiste à inhiber l’éjaculation avant le point de non-retour, pour laisser le plaisir rester sur une intensité plateau. Par la prolongation du rapport, le plateau peut s’élever pour atteindre des niveaux de plaisir inaccessibles autrement. Par ailleurs, l’inhibition de l’éjaculation est supposée avoir des effets bénéfiques physiologiques, empêchant la déperdition énergétique. L’énergie non extériorisée est alors mise au service de la conscience. Dans le jargon technique, on dit que l’Essence est retournée pour aller nourrir le cerveau. Voici du moins ce que la publicité annonce.

Mais la pub va plus loin : pour la femme, l’avantage est double. D’une part, elle trouve enfin un amant qui tient dans la durée, d’autre part cette « spiritualisation » de la sexualité permet un échange énergétique et affectif beaucoup plus intense que dans un rapport sexuel banal. Enfin bref, que des avantages dit la pub.

Personnellement, je me demande quand même si les personnes qui ont essayé ce type de techniques et qui les ont conservées n’ont pas noyé leur cerveau au lieu de l’avoir nourri. Reprenons point par point.

Réflexion

Au niveau de la physiologie d’abord. A moins d’une éventuelle santé très précaire, tout homme normalement constitué ne perd pas d’énergie démesurée par l’éjaculation. Il n’y a aucun rationnel à une pratique qui interdirait une éjaculation lors d’un rapport sexuel.

Ok, mais alors admettons qu’il y en ait un au niveau énergétique, ce qui est partiellement vrai, car à ce niveau, tout dépend de l’intention et du but recherché. Mais admettons que l’on veuille conserver son énergie. Prenons donc une métaphore culinaire : décidons de cuir du riz, faire chauffer l’eau, mettre le riz dedans, l’assaisonner, rajouter un peu de tofu, des petits légumes, moduler la cuisson, ajuster le goût par des aromates et des épices. Voilà, c’est prêt, ça a l’air délicieux, le fumet fait frémir nos narines et babines. Reste plus qu’à manger le plat. Et là, noooooooooooooooooon ! Stooooooooooooooop ! On mange pas. On économise. Ouuuuuh, quelle super idée !!!

Peut-on remettre les ingrédients dans les placards ? Que nenni. Tout le truc part à la poubelle. Et voilà, on n’a pas mangé. Cool, hein ? Sérieux, si on veut économiser ses réserves, ne vaut-il pas mieux laisser les ingrédients dans le placard et en profiter pour lire un livre ? On aurait même pu mettre ce temps à profit pour alle acheter un nouveau paquet de riz, et augmenter ainsi ses réserves.

Ce qui semble si évident au niveau culinaire n’ébranle pourtant pas les certitudes de nombreuses personnes qui attribuent à ces pseudo-techniques des vertus dynamisantes. C’est là qu’on se demande s’il n’y a pas eu noyade du cerveau, à force.

Désir de puissance

Quand on prend un peu de recul, on remarque que cette manière de traiter la sexualité a d’abord à faire avec un désir de puissance et de contrôle, surtout pour les hommes. Les femmes qui y sont soumises ont plutôt tendance à trouver le temps long, d’après un certain nombre de témoignages recueillis. 

Par ailleurs on retrouve souvent ici un deuxième fantasme d’atteindre des états de conscience non ordinaires, en pouvant les reproduire à volonté. Et surtout, les faire durer éternellement. Encore un fantasme de toute puissance, associé à une très mauvaise compréhension de ce que pourrait être un « éveil ».

Que disent les maîtres taoïstes?

Interrogeons donc des maîtres taoïstes : à ce jour, je n’en ai trouvé aucun qui recommande ce genre de pratiques. La plupart se marrent quand on décrit comment l’occident s’est emparé de ces enseignements traditionnels. Car ils existent, oui. Mais certainement pas pour être au service d’un ego qui fantasme. Au contraire, les enseignements liés à l’énergie sexuelle parlent bien plus souvent d’un « accouplement » interne, une sorte de réconciliation fondamentale des pôles masculins et féminins que tout être humain porte en lui. A mon sens, c’est d’ailleurs la seule façon de réellement réconcilier le féminin et le masculin dans le monde extérieur…

Alors en attendant, que faire lors d’un rapport sexuel ? Et bien, écoutons les maîtres taoïstes hommes ou femmes : rester naturel et joyeux. S’amuser. Si la vitalité a été travaillée dans un autre contexte, elle s’exprimera simplement dans ce jeu, qui lui donnera un très beau moyen d’expression.

La question n’est donc pas tant liée à la sexualité qu’au travail nécessaire (oui, il en faut pour se dépouiller) pour retrouver le naturel et le laisser s’exprimer pleinement dans tous les domaines.

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