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Les 3 Trésors Jing (Essence), Qi (Energie), Shen (Esprit)

Les 3 Trésors Jing (Essence), Qi (Energie), Shen (Esprit)

Par Fabrice Jordan

July 15, 2018


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Les 3 Trésors Jing (Essence), Qi (Energie), Shen (Esprit)

Par Fabrice Jordan

July 15, 2018


Les 3 Trésors Jing (Essence), Qi (Energie), Shen (Esprit)

Quel langage pour parler de métamorphose et quelles conséquences pour nos vies?

Récemment, sur un forum, quelqu’un a posé une question sur un certain nombre de termes taoïstes que l’on nomme Jing, Qi, Shen. Je vais expliquer ce que c’est pour ceux qui ne connaissent pas ces concepts. Mais la réflexion qui suit n’a rien de spécifiquement taoïste. Elle concerne en réalité tout le problème du langage quand il s’agit de parler de processus de changements intérieurs.

Comment parler de transformation, quand celle-ci est avant tout une expérience intime, vécue, cognitive ? C’est le problème auquel font face toutes les thérapies et voies dont le but est la transformation du patient ou du pratiquant. Que ce soit au niveau psychologique ou spirituel, il est difficile de parler de certaines prises de conscience autrement que par des métaphores, des jeux de mots, des paradoxes ou des symboles.

Ce n’est pas tant que le langage courant ne peut décrire correctement un certain nombre d’états intérieurs, mais son insuffisance se situe intrinsèquement dans ce qui fait aussi sa force : sa précision même, par les limites qu’elle trace, est incapable de rendre compte de l’interligne : la complexité et les propriétés émergentes qui ne se situent pas dans les éléments préexistants.

Il me semble important de comprendre ce problème de fond, avant d’entrer dans les détails : quand on veut expliquer un processus de transformation, de métamorphose, nous sommes contraints d’utiliser un langage « inclusif », c’est-à-dire à plusieurs niveaux de lecture. Tous les sages, depuis la nuit des temps, utilisent ce procédé car ils n’ont pas d’autre possibilité. C’est la raison pour laquelle la grande majorité des traités spirituels sont quasi inépuisables : leur langage est ouvert et offre des angles de lectures infinis dont certains se retrouvent dans les centaines d’ouvrage ou de commentaires qui s’y réfèrent.

Conscients de ce problème, penchons-nous maintenant sur un concept taoïste de base mais de grande profondeur, celui des « Trois Trésors ».

Dans la méditation taoïste 3 termes sont importants : il s’agit de la trilogie Jing, Qi, Shen. En fait, un quatrième terme s’y ajoute souvent, celui de Vide.

Le Jing 精, souvent traduit par Essence en français représente la partie précieuse qui nourrit la vie si on se réfère à son idéogramme. En médecine chinoise, on décrit un Jing inné, hérité de la lignée, des parents, dont la quantité est fixée une fois pour toute et ne peut que décroitre au fil du temps. Celui-ci se mélange cependant à un Jing acquis, issu principalement de la nourriture et des rythmes de vie. Ensemble, ils produisent ce que l’on pourrait appeler le « capital longévité ». On dit que le Jing est thésaurisé par les Reins. En termes physiologiques et spécifiques, le Jing est parfois associé au sperme, en tant que source de vie, mais nous verrons qu’il s’agit là d’une analogie pour le moins réductrice. On le cultive dans ce que les chinois nomment le champ de cinabre inférieur (Xia Dan Tian 下丹田), c’est-à-dire la zone corporelle située dans le bas abdomen et incluant le plancher pelvien et les organes génitaux.

Le Qi, que l’on retrouve écrit sous différentes formes ( 炁 ,気, 氣) est traduit par Energie en français. L’idéogramme habituel fait ressortir l’idée de chaleur, de vapeur, de transformation. Par extension, on dit souvent que tout ce qui est soumis au changement est soumis au Qi qui en est le moteur principal (principiel serait ici plus juste). Il n’y a pas d’organe dédié au Qi, dans la mesure où celui-ci imprègne tous les organes. En méditation taoïste (alchimie interne nei dan 内丹) on dit que le Qi se travaille dans le champ de cinabre médian (zhong dan tian 中丹田), une zone située entre le plexus solaire et la région du cœur.

Le Shen 神, traduit par Esprit en français, est un terme complexe dans le sens où il représente différentes entités cognitives spécifiques tout en ayant en même temps une qualité de coordinateur d’ensemble qui en garantit la cohérence. Le cœur est le « logis du Shen » et celui-ci se travaille dans le champ de cinabre supérieur (上丹田) situé dans la boîte crânienne.

Le Vide, enfin, dont je ne dirai pas grand-chose et pour cause. Peut-être peut on préciser que le Vide chinois ne représente pas un vide absolu (comment s’imaginer un vide absolu, d’ailleurs ?) mais un Vide plein. Un paradoxe linguistique obligatoire, comme nous l’avons vu plus haut. En cela, il représente quelque chose qui ressemble fort au Chaos de la cosmogonie chinoise traditionnelle, mais aussi au Jing décrit plus haut qui a les mêmes qualités : potentiel absolu et non expression.

Traditionnellement, le processus de métamorphose intérieure suit des étapes précises : on parle de « poser les Fondations », puis de « pratiquer le Jing pour le transformer en Qi » (2ère étape de la méditation taoïste), puis de pratiquer le Qi pour le transformer en Shen (3ème étape), puis de pratiquer le Shen pour le faire retourner au Vide (4ème étape).

Si on se souvient que Vide et Jing sont des notions similaires, cela nous donne un indice important en ce qui concerne l’alchimie interne : les données traditionnelles nous parlent en même temps de progression ET de processus cyclique, avec ce retour du Shen au Vide (Jing). Nous retrouvons donc là un élément essentiel de la pensée chinoise, par essence cyclique et systémique.

Evidemment, si on lit ces différentes étapes avec un œil formaté par plus de 300 ans de réductionnisme, l’idée que ces termes représentent d’une manière ou d’une autre des substances s’impose. Celle-ci est de plus renforcée par différents éléments. En médecine chinoise, par exemple, on évoque un certain nombre de Qi physiologiques et pathologiques. Les pratiques corporelles, par ailleurs, nous font aisément sentir un certain nombre de sensations regroupées sous l’appellation générale de « Qi » et qui se manifestent sous forme de vibrations, chaleur, picotements, micromouvements, d’aimantation, etc…L’idée de « substance » se trouve donc encore renforcée par nos perceptions directes. Bien entendu, nous savons bien que celui-ci n’est pas visible. Nous lui donnons donc une forme d’existence en tant qu’entité distincte, mais subtile, un peu du même type que l’électricité ou le magnétisme.

Evidemment, si on accorde une existence séparée et substantielle au Qi, il n’y a aucune raison que l’on n’en donne pas également une au Jing et au Shen, voire au Vide. Et du coup, les questions du type « comment faire la différence entre Jing et Qi » deviennent une suite tout à fait logique. Idem pour Qi et Shen. Sur un forum, on a récemment posé une question de ce type : ne peut-on travailler le Jing que dans le Dan Tian inférieur (et donc le Qi et le Shen que dans les Dan Tian médians et supérieurs ?). Cette question est tout à fait logique si l’on considère, même sans en avoir conscience, que les différentes entités évoquées plus haut sont des substances.

Pourtant, à mon sens, les sages qui ont écrit ces textes parfois cryptiques n’ont jamais voulu parler de substances, mais de « patterns » (ma définition de pattern : modèle dynamique, cyclique et répétitif à portée universelle).

Par définition, un pattern s’exprime obligatoirement au travers du REEL : il emprunte momentanément un certain nombre d’éléments réels pour s’exprimer, mais n’est en rien concerné par l’aspect spécifique de ce réel. Pour prendre une analogie qui vaut ce qu’elle vaut : un singe passe de liane en liane pour aller d’un point A à un point B, mais il peut tout aussi bien emprunter un pont ou un tracteur (s’il est malin) pour atteindre son point d’arrivée. Ce qui est important, c’est le passage du point A au point B et pas le support momentané qui en est la condition nécessaire dans un monde matériel.

Mon ami Bernard Besret raconte d’ailleurs une anecdote marrante à ce propos : alors qu’il voyageait pour la première fois avec un ami chinois, ils prennent la décision d’aller d’une ville A à une ville B, assez éloignée. Bernard, en bon occidental, lui suggère de prendre l’avion car cela lui semble plus rationnel et plus rapide, alors que son ami chinois lui propose le train. Après un discours conséquent sur les avantages de l’avion (la thèse de Bernard), son ami chinois, qui l’a écouté patiemment, lui répond : « Mais Bernard, nous allons arriver au même endroit ! ».

Cette petite histoire illustre très bien les malentendus qui se produisent quand deux cultures si différentes entrent en contact : ce qui semble évident à l’un est une étrangeté pour l’autre et vice-versa. L’occidental s’est focalisé sur « la chose » qui allait les transporter, alors que le chinois s’est focalisé sur le « passage » du point A au point B. A mon sens, c’est exactement le même malentendu que l’on rencontre quand des occidentaux, logiques, interprètent les textes chinois qui ont été écrits avec le cerveau droit.

Revenons à nos moutons : Jing-Qi-Shen. Si l’on traduit, comme c’est presque toujours le cas, Jing par Essence, Qi par Energie, Shen par Esprit et Wu par Vide, la notion de « pattern » n’émerge pas de manière évidente. De ce fait, cela donne l’impression de différentes « substances » qui se transforment, pourquoi pas, l’une en l’autre sous l’effet de la pratique. Elles se transforment peut-être, mais fondamentalement, elles restent des substances une fois la transformation terminée.

Il y a néanmoins un immense problème logique si on envisage les choses de cette manière. Qu’advient-il de ces substances durant l’intervalle de leur transformation ? Le Jing est-il à moitié Jing et à moitié Qi durant un moment ? Qu’est-il alors à ce moment ? Jinqi ? Idem pour les autres passages. En réalité, si nous envisageons ces termes comme des substances nous faisons face à un certain nombre de difficultés logiques insurmontables, à condition bien sûr d’être précis dans le regard et de ne pas se contenter de la superficie.

Alors, quelle autre alternative ? En fait, il y en a une très simple, mais elle impose de changer les traductions habituelles comme suit. Jing : ressource, Qi : énergie, Shen : conscience et future puissance d’action, Wu : vide réceptif, temps entre deux choses.

Je ne veux pas entre ici dans une décortication des idéogrammes, mais on peut noter d’une part que ces traductions sont conformes à ce que l’on trouve dans le grand Ricci (pour le Shen, il faut penser au Ling, avec sa notion d’Efficace, qui est un terme analogiquement très proche) et d’autre part font partie d’un enseignement tout à fait officiel que je reçois par un maître chinois que je ne remercierai jamais assez pour m’avoir encouragé à réfléchir par moi-même sur ces termes en me donnant d’autres clés d’interprétation.

En utilisant ces notions, notre alchimie gagne quelque chose de fondamental : plutôt que de devoir se limiter à transformer de mystérieuses « substances » sur un coussin de méditation, durant un temps dévolu, demandant des conditions si possible particulières (le must, qui vaut facile 10000 points Facebook, c’est la grotte, pour peu qu’un immortel qui n’avait justement rien à glander à ce moment là puisse vous immortaliser vous aussi en position du lotus et en totale inconscience du selfie) notre alchimie se voit devenir opérante dans toutes les conditions de la vie et à tout moment.

En termes pratiques, cela a des conséquences majeures comme nous allons le voir. Mais avant, décrivons plus avant nos Trois Trésors en utilisant nos traductions alternatives. Rappelons-les avant de prendre des exemples concrets.

Jing, ressource, concerne n’importe quel élément de la matérialité, incluant également les personnes. Le Qi, est une énergie, mais en réalité, il peut être n’importe quel élément plus subtil, moins dense que le premier trésor, le Jing. Par exemple, l’eau peut être considérée comme Qi par rapport au riz qui serait Jing. Shen, conscience et puissance d’action est facile à comprendre, tout comme Wu, temps de retour, de transformation dans la profondeur, d’espace entre deux temps. Dans ce cas, Wu signifie bien vide, mais c’est un vide d’action, pas de processus.

Passons aux choses pratiques et observons des banalités de notre vie courante.

1) Regardons un DVD : nous avons le support ressource, le DVD matériel lui-même (Jing). A moins d’être très particulier, il nous arrive rarement de regarder le film en fixant le DVD lui-même. Dans la très grande majorité des cas, nous l’insérons dans le lecteur. Que fait ce dernier ? Il soumet notre Ressource à une énergie lumineuse (le Qi) qui est donc moins matériel que le support. Grâce à cette action du Qi sur le Jing, le film apparaît sur notre écran. Nous en prenons donc conscience (Shen). Ce film a un impact (peut-être mineur, mais un impact quand même) sur nous-mêmes. Nous intégrons cet impact et nous le laissons sédimenter (Wu). La prochaine fois que nous choisirons un film (Puissance d’action) , le film précédent aura laissé sa trace en influençant notre futur choix quand nous tendrons la main vers le prochain DVD (Jing).

Comme on le voit, il s’agit d’un cycle, et ce cycle est transformateur puisque nous sortons de l’expérience un peu différents. Bien sûr, la plupart du temps, les changements sont tellement mineurs qu’ils ne vont pas jusqu’à devenir conscients. Mais dans le subtil, quelque chose a pourtant bien changé. Notons que le Wu, en temps qu’intermédiaire entre deux choses ou processus, peut s’intercaler à n’importe quel moment du cycle.

2) Faisons la cuisine : prenons une pomme de terre -Jing (ce post est politiquement correct et vise à respecter jusqu’aux végans intersectionnels) et mettons la dans la poêle. Pour la transformer, nous devons la mettre en contact avec d’une part quelque chose de moins solide (plus subtil) qu’elle (eau, huile) et la soumettre à une source d’énergie, le feu (encore plus subtil) – Qi. La rencontre des deux génère la puissance de transformation, puis son impact cognitif (conscience) quand nous la mangeons-Shen. L’expérience est intégrée puis entre en sourdine (Wu) et la prochaine fois que nous devrons faire des pommes de terre, nous verrons s’il faut adapter (puissance d’action) la recette ou pas en sélectionnant des ingrédients différents (Jing). 
A nouveau : cycle et transformation.

3) Rencontrons une personne : cette personne est la ressource (Jing). En décidant de la rencontrer, j’amène mon énergie (Qi) en direction de cette ressource, de cette rencontre naît une interaction, un ressenti (Shen) qui va éventuellement entraîner une prise de conscience (Shen, toujours) qui me fera adapter mon comportement (action) avant la prochaine rencontre ou avec une autre personne après passage par la décantation ou l’analyse qui aura lieu entre deux rencontres (Wu). Notons que dans le cas d’une rencontre, les rôles peuvent s’interchanger entièrement : je peux être ressource, et l’autre amène l’énergie, etc…En réalité, ce sont deux alchimies qui ont lieu conjointement qui se rencontrent dans ce cas.

Ces trois exemples suffisent à montrer le côté universel de ce concept, qui n’a rien de chinois ni de « iste ». Il se trouve juste qu’il a été très bien décrit par les taoïstes.

Comme on le voit, on peut tout à fait l’appliquer à la méditation ou à la physiologie. Dans ce cas, nous trouverons un grand nombre de processus, incluant bien évidemment des « substances », qui entreront dans le cadre général des 3 Trésors. Mais ceux-ci ne sont ni limités, ni définis par des substances. Ils sont la trame sous-jacente à toute transformation.

Maintenant, comment évaluer « l’état du Jing » ou celui du Qi, du Shen ou du Wu de quelqu’un ? C’est assez simple.

Si la personne manque constamment de ressources, à n’importe quel niveau, son Jing, par définition, n’est pas suffisant. Cela peut aller de la vitalité à la matérialité la plus grande. Par exemple, on voit des gens bourrés de bonnes idées, qui auraient l’énergie de faire des choses, mais n’ont jamais les moyens de les mettre en œuvre parce qu’ils n’ont pas les amis nécessaires, les fonds nécessaires, etc…En termes d’accompagnement spirituel, on dira qu’ils manquent de Jing.

A l’inverse, on peut avoir beaucoup de ressources, mais aucune énergie pour en faire quelque chose. Beaucoup de potentiel, mais jamais actualisé faute de mise en œuvre. Dans ce cas, on manque de Qi.

On peut avoir des ressources, du potentiel, de l’énergie et donc produire des choses, mais sans conscience, celles-ci n’ont pas beaucoup de sens partent dans tous les sens, n’ont pas de cohérence ou ne servent à rien. Ici, le Shen est déficient.

Typiquement, cela donne des gens qui font plein de choses, sont actifs, mais qui n’arrivent jamais à réellement creuser à un seul endroit pour trouver le filon précieux, celui qu’en fait ils cherchent. Ils s’égarent pour des raisons qui peuvent être tout à fait multiples, mais souvent, on trouve dans ce genre de situations des fixations narcissiques qui les entraînent à tourner en rond malheureusement stérilement. Il s’agit bien de cycles, mais ceux-ci ne sont pas alchimiques.

Enfin, le Wu peut être déficient quand la personne ne prend jamais le temps d’analyser ce qui lui arrive, se précipite rapidement vers de nouvelles expériences avec au fond peu de conscience et beaucoup d’impulsivité, même si celle-ci n’est pas toujours reconnue. En effet, un « Wu déficient » se déguise volontiers en « moi je suis libre et je fais ce qui me plaît quand ça me plaît, j’aime la nouveauté et je ne veux pas de limites ». Ça vous fait penser à une attitude adolescente ? Vous avez raison, mais ce sont malheureusement des attitudes touchant beaucoup d’adultes contemporains qui se croient libres, alors qu’ils ne font que répéter des cycles stériles, soumis à une mécanicité un peu effrayante. Gurdjieff, qui n’avait pas la langue dans sa poche, employait d’ailleurs le terme de « machines » pour décrire de tels adultes, qui ont certes dépassé l’âge de la majorité, mais pas pleinement intégré le statut correspondant.

Pour chacune de ces déficiences, les traditions ont développé un certain nombre d’outils permettant de redonner, avec le temps, une vraie possibilité d’expression puis de cohérence d’action aux personnes concernées.

Pour finir, observons ce que le passage de la « substance » au « pattern » amène à la pratique.

Premièrement, cela rend la notion d’alchimie « interne » valable partout et tout le temps. Cela nous montre que "microcosme et macrocosme" sont une seule et même chose. La vie entière devient source d’observation et de pratique sans qu’aucun élément, jamais, n’en soit exclu. La notion d'interne, dans ce cas, n'a plus vraiment de sens, car c'est tout l'univers qui devient notre corps.

Deuxième constat : cela nous amène à différencier les « techniques » que l’on utilise pour mettre en place des processus cognitifs qui elles, peuvent être locales et centrées sur des visualisations précises ou des lieux corporels dédiés, des états de conscience eux-mêmes (Shen) qui sont pour leur part non locaux et non substantiels. Ce deuxième constat fait tomber l’idée d’un Jing qui serait limité au Dan Tian inférieur, par exemple, sans rien enlever aux techniques traditionnelles et à leurs vertus transformatrices.

Dernier constat, celui-ci terrible : pour évaluer l’état spirituel de quelqu’un, il suffit d’observer sa vie en général. En effet, les « patterns » qui nous gouvernent sont à l’œuvre dans chaque segment de notre vie que celui-ci soit matériel, affectif, professionnel ou spirituel. Si nous voulons savoir où nous « merdons » il suffit d’observer chacun de ces segments de manière tranquille et si possible aimante (oui, je sais, ce n’est parfois pas facile), mais en même temps de manière précise et intransigeante. Puis nous demander sérieusement ce que nous voulons dans notre vie. C’est là où nous avons le plus souvent besoin d’un œil extérieur, car nos angles morts nous sont par définition inaccessibles. Enfin, ils le sont par le côté répétitif des événements que nous vivons, mais il est souvent plus intelligent de se prévoir un accès à un œil externe et de s’assoir sur notre propre vanité plutôt que de se prendre le même mur 18 fois de suite.

Je vous rassure, tout le monde, y compris les plus grands maîtres spirituels, fait ce travail, jamais terminé, tous les jours. Comme disait Durkheim à son élève : « Maître et élève sont tous deux sur le même chemin et en transformation. Il se trouve juste qu’en ce qui concerne le maître, ça se voit un petit peu plus ».

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