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La spiritualité du "Réel"

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La spiritualité du "Réel"

Par Fabrice Jordan

December 09, 2019


La spiritualité du "Réel"

Le problème, avec la spiritualité, c’est qu’il est facile d’en parler. Si j’évoque ce mot devant vous et que je me mets à parler de la spiritualité dans la vie quotidienne, il est probable que vous écoutiez, puis discutiez les propos tenus soit en marquant votre accord soit votre désaccord, mais il est assez peu probable que nous nous demandions mutuellement ce que nous entendons par «spiritualité».

J’ai fait le test, il y a quelques mois, en faisant un petit sondage sur Facebook. Résultat, cinquante réponses, et autant de définitions différentes…

Aussi il me semble très délicat d’évoquer ce terme sans le définir, avant de voir comment ce concept peut s’appliquer à la vie quotidienne et les implications qui en découlent.

Je donne donc ici ma définition de la spiritualité puis de son pendant obligatoire : la voie spirituelle. En effet, «spiritualité» réfère plutôt au but de la pratique alors que la «voie» réfère à la méthode employée pour atteindre ce but. Je précise d’emblée que cette définition est personnelle et n’a pas de valeur universelle. Elle est par essence «subjective», dépendante du sujet. Mais c’est bien ceci qui la rend opérative pour la personne en question.

A mon sens, tout chercheur doit se demander ce qu’il cherche et refaire le point régulièrement. L’affinement des expériences et des perceptions fait que le but change un peu avec le temps, si peu qu’il est difficile de s’en rendre compte d’un jour à l’autre. C’est plutôt en faisant le point à quelques mois d’intervalle, par exemple lors de moments importants de l’année (anniversaire, nouvel-an, solstices ou équinoxes, nouvelle lune, etc…) que l’on peut prendre conscience du changement et du contraste et réajuster le tir, si nécessaire.

Spirituel donc, réfère pour moi à cette intuition de quelque chose d’innommable, invisible mais pressenti, au-delà du monde tangible. Une présence, un quelque chose de plus que le monde matériel et sensible dans lequel nous vivons. L’étymologie ne dit pas vraiment autre chose en parlant de «souffle» ou qui réfère à l’âme. Cela parle aussi d’un quelque chose» d’immatériel, existant mais non visible directement. Autrement dit, qui n’est pas vu par notre système de perception habituel.

De ce fait, pour moi, spirituel réfère à tout le réel qui n’est pas vu par notre système de perception habituel. Notre œil, par exemple, ne peut pas voir les UV ou les infra-rouges. Pourtant, ils existent au-delà du seuil de notre perception. Ce sont deux exemples basiques et encore matériels, mais globalement, si je résume, l’idée est là: passer du réel (notre perception habituelle) au Réel (toute la Réalité accessible à un humain). Spirituel réfère donc au Réel ou à tous les réels possibles entre notre réalité la plus immédiate et le Réel avec un R majuscule.

Et la voie spirituelle est la méthode employée pour passer du réel au Réel, c’est-à-dire pour ouvrir les portes de la perception à une réalité plus vaste et ouverte. En général, une voie spirituelle authentique a été éprouvée par plusieurs générations de maîtres. Ceux-ci ont d’une part atteint le but de leur pratique et surtout, se sont transmis les connaissances à propos des écueils rencontrés en chemin et les moyens de les éviter ou de les traiter quand ils se présentent. Car ils se présentent toujours.

Ma propre voie spirituelle, taoïste, annonce sur ce point clairement la couleur : ma lignée s’appelle Quanzhen Longmen. Quanzhen peut se traduire par «école de la Réalité Complète» et Longmen par «porte du Dragon». Ce dernier terme réfère au seuil par lequel il faut passer pour accéder à cette Réalité Complète. Le programme annoncé est donc celui-ci : l’accès à la Réalité Complète via la Porte du Dragon. Et toutes les méthodes conçues et utilisées visent ultimement ce but.

Néanmoins, quand on a compris ceci, on peut tout aussi bien choisir une autre méthode, apte à répondre à notre nature propre. Ce choix est intime et il vaut vraiment la peine d’explorer différentes méthodes et de tester différents enseignants/tes. A la fin, peu importe le chemin, le sommet est le même pour tous. Mais ce sera nettement plus simple si le chemin emprunté respecte et résonne avec notre nature profonde.

Alors, comment faire dans notre vie quotidienne ? C’est au fond assez simple : chercher, toujours, à aller un peu au-delà de la réalité immédiate qui s’offre à nous et qui s’impose à nos sens, à notre mental, à nos déductions. Il ne s’agit pas seulement de matérialité. Cela concerne aussi nos émotions, sensations, pensées. Nos dons, aussi, qu’ils soient intellectuels, artistiques, relationnels, sexuels, organisationnels, etc…Dans chacune de nos aptitudes particulières, nous pouvons chercher l’interface, la limite du ressenti et du connu et chercher à l’interroger avec curiosité. Pour sortir de nos zones de confort et pour chercher du neuf, toujours.

Il est évident qu’une telle démarche peut se faire en n’importe quelle circonstance et ne nécessite nullement la présente d’un coussin de méditation ou de silence, ni d’aucune circonstances particulières. Ou alors, disons-le autrement : toutes les circonstances de la vie sont propices à cette recherche curieuse.

De ce fait, la spiritualité n’est pas tant un domaine en soi que la fine pointe de toutes nos perceptions, dans tous nos domaines cognitifs. Ou plutôt, cette interface mystérieuse qui commence une fois la pointe atteinte. On la reconnaît facilement : elle nous apporte de l’ouvert et pas des certitudes. Du nouveau et de l’inspiration et très souvent, des questions plus que des réponses. Mais ces questions apparaissent alors sur un fond de lâcher prise et de relâchement. Cela peut sembler paradoxal dans la mesure ou dans la vie habituelle, ce sont plutôt les réponses qui nous rassurent. Dans le domaine spirituel, c’est l’inverse…

Ces prises de conscience, qu’elles se présentent comme des «peak experience» ou comme des «expériences de vallée», peu spectaculaire mais non moins profondes, demanderont ensuite une intégration qui elle, nécessite du travail, et souvent l’utilisation d’outils qui ne figurent pas au catalogue de notre propre voie spirituelle. Par exemple une psychothérapie bien conduite, ou la reprise d’un instrument que nous avions laissé de côté en fin d’adolescence, ou simplement se remettre à lire ou à refaire ces belles ballades que nous avions abandonnées pour des choses plus «sérieuses».

On le voit ici : autant la « spiritualité » que ses conséquences ont besoin de s’ancrer dans le quotidien. D’une part parce que celui-ci représente le point d’appui de l’expérience, mais aussi parce qu’il constitue la condition sine qua non de son intégration (ou «embodiment» en anglais).

Je nous souhaite à tous de retrouver le chemin de cet Ouvert et de l’incarner au plus près de notre nature profonde.

Fabrice Jordan

Article paru dans la revue des Editions Recto-Verseau, en août 2019. Mon prochain article, dans la revue de janvier 2020, portera sur le sens des rituels.

Photo: L'insubmersible Achille Talon

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