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Dis Tonton, c'est quoi la spiritualité ?

Dis Tonton, c'est quoi la spiritualité ?

Par Fabrice Jordan

July 03, 2018


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Dis Tonton, c'est quoi la spiritualité ?

Par Fabrice Jordan

July 03, 2018


Dis Tonton, c'est quoi la spiritualité ?

Il y a quelques semaines, j’ai posté une question sur la spiritualité en proposant de la définir. Vous avez été nombreux à avoir eu la gentillesse de répondre et je vous en remercie chaleureusement. J’en ai donc fait une petite analyse et je vous livre ici quelques constatations issues de vos commentaires et réponses.

La première chose frappante, c’est la diversité de celles-ci. Comme déjà dit dans le post initial, la plupart des gens que j’ai dans mon réseau Facebook connaissent et utilisent ce terme régulièrement. On en parle dans nos propres écoles ou dans nos rencontres, comme s’il était évident que l’autre comprend le terme de la même manière que nous. Cela nous semble tellement évident que nous prenons très rarement la peine de faire préciser ce que l’on entend par là.

Or, en lisant les réponses, on constate une incroyable diversité de réponses, qu’il n’est pas si facile de classer à première vue. Ensuite, quand on peut les classer, un certain nombre de ces définitions ouvrent en fait plus de questions qu’elles ne fournissent de réponses. Autrement dit, voici un terme que tout le monde comprend…un peu différemment. En d’autres termes : c’est la gabegie.

C’est d’autant plus étonnant que nous y consacrons un temps considérable dans certains milieux. Nous assistons à des stages, des retraites, nous prenons du temps dans notre vie quotidienne pour pratiquer, etc…Nous échangeons, en parlons, écrivons.

Connaissez-vous un seul autre domaine dans lequel autant de temps peut être investi sans savoir exactement ce que l’on fait ? Sans se donner une direction, des objectifs ? Sans pouvoir évaluer si ceux-ci sont atteints ou pas ? Sans pouvoir réorienter la pratique le cas échéant ? Moi pas. Le seul domaine où on peut rencontrer quelque chose de similaire est dans l’art. Mais normalement, pour se soustraire aux contraintes liées à des objectifs (une technique, des examens, etc…) il faut avoir déjà pratiqué très longtemps en insérant cette pratique dans un projet, sauf si évidemment on pratique en grand dilettante.

Pourtant, étonnamment, en spiritualité, cela semble presque être la norme.

En relisant les réponses tranquillement, j’ai donc essayé de mettre un peu d’ordre, bien entendu tout à fait arbitrairement, pour voir si nous pourrions dégager des grandes lignes qui pourrait servir la pratique.

Je vous livre ici la classification pour laquelle j’ai finalement opté, sachant qu’il y a des overlaps non réductibles. J’ai regroupé les réponses sous 3 rubriques principales:

  • La définition de la spiritualité : comment est-elle décrite, à quoi correspond-t-elle ?
  • Le ressenti cognitif (les émotions)
  • Les méthodes
Je vous propose de vous livrer en vrac les réponses, mais classées dans ces rubriques. Puis nous les regarderons et verrons si des éléments communs en ressortent, dépassant par là une réalité d’école ou de personne.

1- Définition

Elan, pas vers quelque chose qui nous dépasse qui prend appui sur le corps sans en être limité. Voyage vers soi, vers la liberté. Non définissable. Pas une croyance, pas une pensée, pas un dogme (Note : définir par la négation s’appelle Neti Neti en advaita vedanta). Mouvement qui va vers l’extérieur et l’intérieur en même temps. Sortir de la normose ambiante. Recherche de l’unité. Aide à la recherche du sens de la vie. Je sais pas ce que c’est. Echo du vivant en moi. Aspiration à aller vers le bonheur (ici, le bonheur, est un ressenti cognitif). Tout ce qui tend vers l’universel. Ce qui anime et meut les choses (voir éthymologie). C’est l’unité. C’est passer de l’animal au divin. Indicible. C’est la Vie.

2- Sensations (cognitif) 

Esprit plus grand que le corps. Se sentir responsable. Abandon. Voir de la lumière (ou aller vers). Sensation du divin ( ?). Augmentation de la foi ( ?). Vivre ce qui est. Voir ce qui relie. Sentir de l’amour. Harmonie avec soi et les autres. Relié plus grand que soi. Amour, ouverture. Conscience de la source. Dézoomage. Perte de contrôle. Lumière. Conscience universelle. Capacité d’émerveillement. Se sentir à la maison. Sentir la force vitale. Découvrir sa nature. Se relier.

3- Méthodes

Prendre conscience de son tripartisme. Travail sur le Qi. Casser l’Ego. Travail de la vigilance. Observation (position méta). Rituels. Présence. Attention. Suivre un guide.

Bien entendu, on constate rapidement que les overlaps entre points 1 et 2 sont grands. Ceci est déjà intéressant en soi, car cela signifie que ce que l’on nomme spiritualité est ancrée dans un ressenti et une expérience vécue. Comme nous n’avons pas tous appris à parler avec précision de nos ressentis cognitifs, émotionnels, corporels, cela explique en partie le grand flou qui règne dans le domaine.

Néanmoins, peut-on tirer une grande image des définitions ? Il me semble que oui : ce qui nous dépasse, c’est ce qui est hors de notre portée habituellement. La liberté, c’est se mouvoir hors de nos contraintes habituelles, donc explorer des possibilités plus grandes. Mouvement vers l’extérieur et l’intérieur pointe sur le fait que la conscience s’élargit. Recherche de l’unité nous fait sentir en communion avec des éléments qui sont habituellement séparés de nous, c’est une inflation du sens de notre moi ou de notre présence. S’émerveiller, c’est ouvrir les yeux sur des choses infimes ou pas qui d’habitude nous semblent banales, c’est voir des détails habituellement cachés. Sentir sa force vitale, c’est sentir cet élan qui nous pousse vers l’Autre, vers la réalisation, vers l’expression dans un espace plus vaste.

N’en jetons plus, le point commun de toutes ces esquisses est selon moi le suivant: la spiritualité, c’est l’art de voir, palper, respirer, embrasser une réalité de plus en plus vaste, subtile et profonde.

Le but « idéal » étant bien entendu d’embrasser au final la Réalité avec un R majuscule.

Ici, bien évidemment, nous ne serons pas tous d’accord. Les tenants de l’Eveil pourront prétendre que celui-ci est justement l’accès à la grande Réalité. De mon côté, je n’adhère pas à cette vision : je crois que tout « éveil » est une prise de conscience partielle, plus vaste que notre point de vue antérieur, mais qui reste limitée. Le but n’est pas d’en débattre ici.

Le point 2 réfère au cognitif. Si on accepte la définition que je viens de donner, alors comment l’accès à une réalité plus complète se manifeste-t-elle ? Abandon, lumière, amour, harmonie, émerveillement, sensation d’unité, sont des ressentis spontanés quand notre réalité s’ouvre. Ce sont des ressentis, et ce sont des conséquences. C’est la raison pour laquelle, lorsque j’enseigne, je n’insiste pas particulièrement sur ces conséquences. Je sais que celles-ci suivent naturellement si la pratique va dans le bon sens.

Les méthodes, enfin, notre 3ème point. Pour celles-ci, je crois qu’il y a l’embarras du choix. Par contre, de mon point de vue, une méthode est indispensable ou en tout cas, elle fait gagner un temps considérable, en évitant beaucoup de risques et d’écueils.

Définir les choses est donc très utile. D'ailleurs, en termes pratiques, on devrait plutôt classer les points de la manière suivante: 1) Définition et but, 2) Méthodes 3) Conséquences.

Prenons un exemple courant : le pardon, un terme si ancré dans nos racines chrétiennes. Se forcer à pardonner quand on ressent toujours une offense n'est pas très efficace, parce qu'on essaie d'imposer un sentiment qui devrait apparaître en tant que conséquence d'une vision différente de la situation. Tant que je pense à pardonner, c’est que je ressens toujours une offense. Pardon/offense sont un couple obligatoire si on écoute avec lucidité ce que l’on ressent. En adoptant une vision large ( 1, le but) d’une situation difficile et pour peu qu’on accepte d’approfondir la vision de sa complexité à un niveau suffisant (2, méthode), il apparaît alors que toute autre action n’était pas possible sur le moment. Cette vision, qui provient d’un élargissement du regard et d’une ouverture à une réalité plus vaste et complexe, fait tomber d’un seul tenant offense et pardon. S’il n’y a plus offense, il n’y a plus besoin de pardon non plus et la dualité disparaît (3, conséquence).

Concernant les méthodes, pour ma part, je suggère d'en chercher une dans laquelle nous avons du plaisir. Dans laquelle on s’éclate, au fond. On oublie souvent qu’on apprend mieux en s’amusant. La spiritualité est trop souvent liée à des injonctions de sérieux, d’austérité, de simplicité forcée. Personnellement, je suis persuadé que la Réalité s’en tape complètement les coquillettes de nos postures, quelles qu’elles soient. Au niveau humain, ça a une certaine importance, mais pas au niveau de la Réalité ultime. Mettez-vous à sa place deux secondes : à quoi voudriez-vous vous amuser si vous étiez une pluri potentialité absolue ? Je prends les paris : à vous éprouver et à vous actualiser sous toutes les modalités possibles, dans une sorte d’orgasme cosmique infini.

Ceci étant dit, chacun peut ensuite revenir à sa voie particulière, en l’interrogeant plus spécifiquement. Pour ma part, je trouve utile d’avoir une définition, de comprendre ce que l’on cherche, de savoir quelle méthode on utilise et comment on peut en jauger les résultats. A bien des égards, et même si cela peut sembler choquant pour certaines personnes, la pratique spirituelle peut s’apparenter à une gestion de projet, à mon sens le plus important qui soit. Et on ne gère pas un projet avec du flou.

Par ailleurs, on oublie que ce flou peut représenter un très bon mécanisme de défense de l’ego. On retrouve ce flou chez tous les gens qui n’ont pas envie de changer vraiment. Par exemple, dans les dépendances, c’est comme ça que celle-ci se protège.

En tant que médecin, je suis assez souvent confronté à des gens qui désirent arrêter de fumer. Mais souvent l’ambivalence est très forte. Quand on demande, quel est votre projet ? Les réponses sont rarement : je veux arrêter de fumer mes deux paquets par jour samedi prochain. Non, en général, c’est plutôt : ooooohhh, j’aimerais arrêter de fumer, mais ce n’est pas le bon moment, j’ai un mariage (remplacer ici par n’importe quoi : enterrement, un truc à rendre, des vacances, un divorce, etc…). Pour le moment, j’aimerais diminuer en arrêtant progressivement. Enoncé comme ça, ça peut sembler précis, mais c’est un gros leurre. Si on ne fait pas un pas de plus en demandant : ok, alors c’est quoi diminuer et c’est quoi progressivement, on aboutit à un échec certain. En effet, passer de 40 cigarettes par jour à 35 est une diminution progressive, mais les jours suivants, quand ça remonte à 36, puis 37, cela reste une diminution progressive en regard des 40 initiales. Pas besoin d'être devin pour savoir dans quelle direction va la dépendance.Mais celle-ci s’est bien cachée derrière un flou calculé, ayant l'apparence de quelque chose de précis.

Le problème est à mon sens le même en spiritualité, qui s’apparente, à certains égards, à un problème de dépendance : nous sommes attachés à nos habitudes égotiques, et même quand on décide d’y faire face, celles-ci se défendent ardemment. Si nous ne sommes pas précis dans nos objectifs et sans méthode claire pour y arriver, nous nous leurrons nous-mêmes le plus souvent.

Quand on dit par exemple: "la spiritualité ne s'explique pas avec des mots", on ne peut pas dire que c'est faux (et c'est bien tout le côté retord de l'expression) mais il n'en reste pas moins qu'on se planque derrière des mots en s'évitant de fixer toute définition et objectif qui pourrait éventuellement venir mettre à mal nos habitudes et notre sens habituel du moi.

Définir les choses, fixer des objectifs, n’empêche en rien de garder le sens du mystère, bien au contraire. Plus la réalité s’ouvre, plus le « projet » s’épanouit, et plus le mystère est senti avec acuité et humilité. Un cadeau inattendu au final.

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